• COVID-19 Considérations sensibles aux conflits

    • Introduction


      La crise mondiale actuelle COVID 19 est immense en termes d'ampleur et de portée, mais il reste à comprendre toutes les implications de son impact.  Ce site est une ressource gratuite pour les organisations (locales et internationales) qui cherchent à explorer comment COVID 19 peut affecter notre façon de travailler, afin que nous puissions ne pas faire de mal, faire du bien et si possible contribuer à une paix durable. Veuillez noter que cette ressource, y compris les conseils sur les acteurs religieux, a été développée pour l'Alliance ACT en collaboration avec la DCA, la NCA et le Groupe de référence ACT sur la paix et la sécurité humaine.

      • Considérations clés sur la sensibilité aux conflits

        La sensibilité aux conflits est fondée sur l'analyse dans le but d'éclairer la planification et la programmation stratégiques. Si vous n'avez pas le temps de mener une analyse, vous pouvez, soit en petit groupe (par exemple en ligne, en utilisant des mesures de distanciation), soit individuellement, envisager les questions de base suivantes sur la sensibilité aux conflits.

        1.Comment COVID 19 a-t-il eu un impact sur le contexte dans lequel vous travaillez ?

        (Par exemple, prenez en compte les considérations politiques, économiques, de sécurité ainsi que l'accès humanitaire, les restrictions/le verrouillage des mouvements, les quarantaines).

        2. Comment COVID 19 a-t-il eu un impact sur les rôles, les stratégies d'adaptation et les modèles de mouvement des communautés vulnérables ? 

        (Par exemple, prenez en compte l'âge, le sexe, l'approche de la diversité ainsi que les personnes déplacées, les réfugiés et les autres groupes sociaux minoritaires).

        3. COVID 19 a-t-il conduit à une augmentation des conflits violents et/ou des tensions ? Si oui, comment ?

        (Par exemple, considérez les conflits intra/intercommunautaires, la violence liée au sexe, les confrontations entre acteurs armés, les violations des droits de l'homme).

        4. Comment COVID-19 a-t-il eu un impact sur vos activités ?

         (Par exemple, considérez la disponibilité des communautés, les niveaux de motivation du personnel et des partenaires, les niveaux de confiance de la communauté, les perceptions du public, les restrictions imposées par les autorités, les états d'urgence).

        5. Quelles activités peuvent se poursuivre en toute sécurité et quelles activités doivent être adaptées à l'approche Do No Harm dans le contexte actuel ?

         (Par exemple, examiner si les activités existantes pourraient propager le coronavirus. Envisager des changements dans toutes les activités qui impliquent un contact physique, telles que la sensibilisation, les évaluations, les initiatives d'engagement communautaire, les messages, les formations/ateliers, les réunions, la perception par la communauté des activités des ONG, les besoins immédiats de la communauté, les tensions croissantes, la rhétorique anti-étrangers, la mise en cause des groupes sociaux de contamination).

        6. Quelles sont les opportunités locales qui pourraient faire du bien et soutenir une paix durable ? Comment ces opportunités peuvent-elles être soutenues ?

        (Par exemple, pensez à identifier les liens, le rôle des acteurs religieux, les canaux de transmission de messages précis et fiables, les points de collaboration communautaire, les mécanismes de coordination, les cessez-le-feu/trucs locaux, la capacité à soutenir en toute sécurité l'engagement communautaire avec les porteurs de devoirs).

        • Pourquoi la sensibilité aux conflits est-elle importante dans le contexte actuel de COVID 19 ?


          Les situations de crise, telles que le coronavirus actuel que nous connaissons, peuvent naturellement déclencher une forte demande de réaction rapide et d'assistance immédiate. Toutefois, la possibilité de dommages importants augmente lorsque les interventions ne parviennent pas à identifier et à traiter les effets néfastes d'actions par ailleurs bien intentionnées. Alors, que pouvons-nous faire ?


          Nous pourrions tenter de contourner le coronavirus sur la pointe des pieds et espérer l'éviter.


          On pourrait prétendre que le coronavirus n'existe pas et... espérer le meilleur.  Mais aucune de ces deux options n'aborde activement la réalité du travail dans un environnement affecté par le coronavirus. L'une des alternatives implique une sensibilité aux conflits.

          Mais que signifie la sensibilité aux conflits ?

          • Qu'est-ce que la sensibilité aux conflits ?

             

            La sensibilité aux conflits est basée sur le principe que la fourniture d'assistance/ressources n'est pas toujours considérée comme neutre, surtout lorsqu'elle est appliquée à des zones touchées par un conflit violent ou présentant de fortes tensions sociales. La possibilité de dommages importants augmente lorsque les interventions ne parviennent pas à identifier et à traiter les effets néfastes d'actions par ailleurs bien intentionnées. La sensibilité aux conflits vise à accroître l'efficacité en orientant la fourniture de ressources dans les situations de crise, en particulier celles qui sont touchées par un conflit. Pour ce faire, elle identifie les possibilités d'améliorer l'assistance et met en évidence les conséquences involontaires qui peuvent contribuer à la violence. Elle utilise ces informations pour agir en vue de "ne pas nuire", de "faire du bien" et, si possible, de promouvoir une paix durable.


            • Comment pouvons-nous être plus sensibles aux conflits ?

              La sensibilité aux conflits est fondée sur l'analyse dans le but d'éclairer la planification et la programmation stratégiques. Idéalement, l'analyse devrait inclure un large éventail de contributions pour être valable, ce qui signifie qu'elle devrait être spécifique au contexte et centrée sur les personnes. Idéalement, elle devrait inclure les dimensions de genre, d'âge et de diversité, ainsi qu'impliquer un large éventail de groupes sociaux pertinents pour un contexte donné (par exemple, les minorités culturelles, ethniques, religieuses). Toutefois, il faut reconnaître qu'en raison de COVID-19, il pourrait ne pas être possible de consulter un large éventail de parties prenantes. Comme alternative, une analyse rapide et sensible aux conflits peut être menée soit individuellement, soit en petits groupes en ligne, en fonction de la sécurité, du temps et de la disponibilité. Un examen régulier de votre analyse doit être envisagé afin de s'assurer qu'elle reflète avec précision les changements du contexte local. Si possible, essayez d'explorer régulièrement les moyens d'obtenir en toute sécurité une contribution plus large.


              • Effectuer une analyse rapide de sensibilité aux conflits COVID 19

                Effectuer une analyse rapide sensible aux conflits pour informer et orienter la programmation actuelle.

                La crise actuelle est d'envergure mondiale et les implications sont immenses. D'un point de vue programmatique, comment COVID-19 affecte-t-il le travail que nous faisons ? Nous n'avons peut-être pas le temps de procéder à une évaluation complète, mais une analyse rapide peut être possible.


                Télécharger l'outil d'analyse rapide sensible aux conflits COVID 19

              • Organiser une session de planification de scénario COVID 19 sensible aux conflits

                Organiser une session de planification de scénarios sensibles aux conflits afin de préparer stratégiquement les futurs résultats possibles des programmes

                En groupe, envisagez d'élaborer des scénarios spécifiques, au moins trois.

                Cela devrait envisager au moins un scénario négatif, un scénario de statu quo et un scénario positif. 5-6 scénarios permettraient de mieux couvrir les possibilités et les probabilités.

                L'objectif de la planification des scénarios serait de préparer les programmes et les activités de votre bureau de pays à plusieurs éventualités. Cette préparation pourrait alors aider à répondre à plusieurs situations à venir, vous permettant d'affiner vos activités et de les ajuster en fonction des conditions.

                Il convient de souligner que la planification de scénarios sensibles aux conflits suggérée ici n'est pas la même que les dispositions de sécurité qui peuvent déjà être prises. Cette planification de scénario serait plutôt axée sur la survie et le succès futurs des programmes et des activités des bureaux de pays.

                Téléchargez l'outil de planification des scénarios sensibles aux conflits ci-dessous pour plus d'informations.

              • Travailler avec les acteurs de la foi

                Les acteurs religieux et les 19 suggestions de COVID

                En plus de la réponse médicale et matérielle, les croyances et les attitudes des communautés doivent être mobilisées pour réduire la propagation de COVID-19 et son impact. Le statut des acteurs religieux, leur confiance et leurs vastes réseaux peuvent être des facteurs de danger supplémentaire ou de changement positif. En temps de crise, nous pouvons, dans les contextes où cela est possible, intensifier son travail avec les acteurs religieux, en leur permettant de le faire :

                    Soutenir la diffusion efficace des messages par les autorités sanitaires (hygiène des mains, éloignement physique, etc.).

                    de lutter contre les idées fausses, la stigmatisation, les boucs émissaires, les fausses nouvelles et autres idées dangereuses au sein de leurs communautés.

                    Prendre l'initiative de proposer des alternatives sûres aux rituels religieux importants et aux services de culte réguliers, qui soient conformes aux conseils et aux mesures des autorités sanitaires.

                    Promouvoir l'unité, la solidarité et l'humanité dans les moments difficiles. S'efforcer de réduire les tensions entre les différents groupes d'intérêt et envers les groupes potentiellement discriminés.

                    Défendre les besoins des plus vulnérables en ces temps de crise. Les sociétés dans leur ensemble ressentiront les conséquences économiques du confinement et des quarantaines, mais certains groupes (par exemple, les travailleurs journaliers, les commerçants informels) y sont plus vulnérables. Ces mêmes mesures peuvent également entraîner une augmentation de la violence sexiste et de la maltraitance des enfants.

                    Aidez les membres de la communauté à trouver un réconfort et un but dans les moments de grande détresse. Les crises sont des situations stressantes qui créent de l'anxiété et de la peur. La religion et la spiritualité sont importantes pour la santé mentale des personnes croyantes.

                    Veillez à ce que les établissements de santé religieux, les écoles et autres structures diaconales suivent les directives nationales COVID-19 et, si possible, fournissez des services pertinents pour lutter contre la pandémie.


                 Comment pouvons-nous encourager les acteurs religieux à prendre des mesures efficaces ?


                De nombreux acteurs religieux appartiennent à des confréries de croyance mondiales ou régionales, et sont guidés par les déclarations de ces organismes en période de crise et d'incertitude. Nous pouvons travailler avec les acteurs religieux pour élaborer des déclarations publiques. Quelques déclarations clés sont fournies ici :

                    Religions pour la paix et Alliance ACT (25.03.20) : https://rfp.org/a-joint-statement-urgent-action- needed-to-prevent-covid-19/

                    Conseil œcuménique des Églises et des organisations œcuméniques régionales (26.03.20) : https://www.oikoumene.org/en/resources/docu ments/general-secretary/statements/a-time-for- pastoral-prophetic-and-practical-christianity-a joint-statement-from the-world-council-of- churches-and-regional-ecumenical- organizations/view

                    Religions pour la paix, unir nos esprits et nos actions : Déclaration de Religions pour la Paix sur le Coronavirus (COVID-19) (13.03.20) : https://rfp.org/statement-by-religions-for- peace-on-coronavirus-crisis

                    Déclaration de la Fédération luthérienne mondiale : Ne laissez personne derrière dans la réponse à la pandémie COVID-19 (30.03.20) : https://www.lutheranworld.org/sites/default/fil es/2020/documents/200330_-_lwf_statement_-_unite_against_the_covid-19_pandemic_fr.pdf
                    Conseil des Émirats arabes unis pour les fatwas relatives aux décisions d'exécution de rites de congrégation à la lumière de la propagation de COVID-19 (03.03.20) : http://binbayyah.net/english/wp- content/uploads/2020/03/Fatwa-11-COVID-19- final.pdf


                Nous pouvons également encourager les partenaires religieux à agir :

                1 En s'informant, en disposant d'informations précises et actualisées de la part des autorités sanitaires. C'est une condition préalable pour que les acteurs religieux connaissent les conseils des autorités sanitaires et y adhèrent. Les acteurs religieux, hommes et femmes, peuvent ensuite diffuser le message, à travers leurs congrégations mais aussi parmi leurs pairs qui ne sont peut-être pas encore au courant des conseils de santé et de la manière de les combiner avec leur foi religieuse.

                2. Utiliser des références à des textes sacrés et une théologie contextualisée appropriée pour sensibiliser et promouvoir des comportements sociaux qui protègent les personnes et les communautés contre les dangers. Les conseils en matière de santé peuvent trouver un meilleur écho au sein des communautés religieuses lorsqu'ils sont liés à leur propre foi et à leurs croyances et qu'ils reposent sur des bases théologiques solides.

                Évaluer les pratiques religieuses qui sont affectées par l'éloignement physique et trouver des moyens alternatifs appropriés pour effectuer ces rituels. (alternatives à la poignée de main comme moyen de salutation, sanctionnées par la culture ; préoccupations concernant l'impossibilité d'accéder aux sites religieux, y compris les pratiques d'embrassement des symboles sacrés ; baptêmes, mariages, confessions, funérailles et enterrements, report de la célébration de l'Eucharistie dans les églises, pratique religieuse pendant les festivités, etc.)

                    Souligner la valeur de l'unité et de la dignité humaine en temps de crise, en faisant référence à la pratique et à la théologie au sein de leurs propres religions, et en s'associant aux acteurs religieux d'autres confessions (dans des déclarations communes ou des initiatives médiatiques, par exemple) et à d'autres acteurs tels que les jeunes et la société civile laïque.

                    Utiliser les plateformes intergénérationnelles, intra et interconfessionnelles existantes aux niveaux national et international, partager les pratiques et apprendre des autres communautés religieuses et des acteurs religieux masculins et féminins. Même si chaque contexte est différent, les congrégations du monde entier sont confrontées à des défis similaires et trouvent des moyens de les surmonter.

                    Prenez la parole au nom des personnes marginalisées et plaidez pour que personne ne soit laissé pour compte dans cette réponse collective à la crise et à ses effets à long terme. Les acteurs religieux peuvent continuer à s'associer à la société civile laïque pour surveiller les réponses des gouvernements à la crise, afin de s'assurer qu'elles ne portent pas atteinte aux droits de l'homme et à la gouvernance démocratique.

                    Tendre la main aux groupes d'opposition armés et aux populations dans les zones non contrôlées par le gouvernement. Dans certains contextes, les acteurs religieux peuvent faciliter les cessez-le-feu et l'accès humanitaire des responsables de la santé aux zones contrôlées par l'opposition.

                    Utiliser les capacités locales et les institutions établies (telles que les écoles, les hôpitaux et les cliniques) pour fournir un soutien matériel et spirituel aux communautés touchées par COVID-19 (santé, éducation, nourriture, abri, etc.). Ce soutien peut être mis au service des communautés dans leur ensemble, en coordination avec les autorités le cas échéant, en pratiquant la solidarité entre les religions et en renforçant ainsi les liens sociaux.


                    Mobiliser l'action bénévole au sein de leurs communautés pour prendre soin des plus vulnérables. Les cercles de solidarité des bénévoles peuvent canaliser le désir des individus d'aider en temps de crise et fournir un soutien matériel et spirituel à d'autres femmes, filles, hommes et garçons.

                    Créer des fonds d'urgence et collecter des dons et des contributions volontaires pour aider les personnes les plus gravement touchées par COVID-19 et les mesures connexes.

                Des canaux de communication adaptés

                Les médias imprimés, la radio et les chaînes de télévision confessionnelles existantes pourraient diffuser des informations pour apaiser les craintes dans le pays et sensibiliser les gens. De nombreuses institutions religieuses ont également adopté les médias sociaux et utilisent des plateformes comme Youtube et Facebook. Ces mêmes canaux pourraient être utilisés pour sensibiliser la communauté. Les communautés religieuses qui n'ont pas ces possibilités devraient être soutenues ou peuvent conclure des partenariats avec, par exemple, des organisations de jeunesse, afin d'accroître leur utilisation de ces moyens. Les groupes de femmes croyantes et les acteurs religieux féminins ont un rôle clé à jouer, également en matière de communication. Les acteurs religieux devraient collaborer avec les responsables du ministère de la santé pour s'assurer que les informations sont exactes.







                • Ressources supplémentaires

                • Idées, solutions et partage de connaissances

                • Section 12